Renault et sa Zoe, le difficile pari de l’électrique

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Commercialisée depuis 2013, la Renault Zoe est devenu un symbole pour le constructeur, le symbole de ses avancées sur le terrain de la voiture électrique. Si les ventes de voiture électriques représentent moins de 1% des ventes mondiales de Renault aujourd’hui, le groupe vise à atteindre les 5% en 2022, avec 250 000 véhicules électriques vendus à l’année. Voyons donc ce qu’il y a à dire sur la première de la famille…

Les performances de la Zoe

Cette voiture, contrairement aux voitures hybrides, ne possède pas de moteur thermique : elle emploie donc uniquement l’énergie électrique stockée dans ses batteries. La principale question que les consommateurs se posent est donc celle de l’autonomie : celle-ci varie beaucoup selon les années et les progrès du fabricant de voiture. Ainsi, le moteur d’origine (un moteur Q210) présentait une autonomie moyenne de 210 km, selon le constructeur. En 2015, Renault a révélé une version améliorée avec un nouveau moteur électrique (nommé R240) pour passer l’autonomie moyenne à 240 km. Attention cependant : ces distances correspondent à ce qu’on appelle le cycle NEDC, qui est fixe là où la véritable consommation dépend des parcours effectués et du temps qu’il fait. C’est pour cette raison que la nouvelle innovation présentée en 2016 est déjà beaucoup plus intéressante, avec une autonomie de 400 km NEDC, ce qui correspondrait à 300 km dans une utilisation ordinaire. Une différence de taille si l’on considère que l’autonomie du premier moteur Q210 serait inférieur à 100 km sur autoroute… Ces innovations sont à la fois un bon et un mauvais point pour Renault : elles montrent que le constructeur travaille activement sur la question et que la technologie s’améliore très vite, mais peut aussi laisser entendre aux consommateurs indécis qu’ils feraient mieux d’attendre encore quelques années pour avoir une voiture électrique avec une plus grande autonomie. La course à l’électrique est donc loin d’être gagnée…

D’autres facteurs à prendre en compte

Une première question qui se pose pour le constructeur, en même temps qu’il règle celle de l’autonomie, c’est l’alimentation. Dans le domaine de l’électrique, la fabrication et la vente des voitures ne suffit pas, il faut également donner accès à une alimentation efficace et régulière, de performance propre. À Utrecht, au Pays-Bas, on trouve par exemple des bornes alimentées par de l’énergie solaire, via des panneaux posés sur les toits de certains quartiers. Pour faire fonctionner ce genre de projet, Renault doit s’associer avec de nouvelles entreprises et étendre sa stratégie pour garantir que les personnes qui achètent des voitures électriques n’auront pas de grandes difficultés à alimenter leurs véhicules.

Mais dans le même temps, Renault et sa voiture Zoe sont sous le coup de graves accusations, portées notamment par… Amnesty International. En effet, le cobalt nécessaire à la fabrication des moteurs de la voiture proviendrait des mines de la République Démocratique du Congo, où les conditions de travail seraient jugées « épouvantables », incluant notamment du travail d’enfants. Et l’ONG blâme en particulier l’attitude de Renault, qu’elle indique comme possédant les pires performances des constructeurs étudiés. Autant dire que la voiture électrique va devoir résoudre de nombreuses questions avant de se populariser réellement.

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One thought on “Renault et sa Zoe, le difficile pari de l’électrique

  1. […] avec 21 700 immatriculations. Le constructeur français est notamment premier grâce à sa Zoé, qui a connu un départ teinté de polémiques, vendue à 30 600 exemplaires en […]

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